Arusha, hakuna matata

Publié le par Mélanie

Le lendemain de mon arrivée, je suis rejointe par Kevin qui débarque tout fraichement de France pour ses vacances d’été, et avec qui je vais passer les trois prochaines semaines. Nous avons prévu de visiter la Tanzanie, mais comme c’était moins cher d’atterrir au Kenya c’est donc dans un backpackers de Nairobi que nous passons notre soirée de retrouvailles, à deviser gaiement autour d’une bière délicieuse au prix scandaleusement bas.

 

Comme Nairobi ne semble pas avoir grand intérêt et que nous n’avons pas la masse de temps (Kevin a pile 3 semaines avant son retour à Paris, et notre planning est archi chargé), nous décidons de partir pour Arusha dès le lendemain matin. Arusha, petite ville tanzanienne à la frontière kenyane, est un hub touristique d’où partent à la fois les excursions au Kilimanjaro et les safaris dans les parcs du Nord Ouest. Ça tombe bien, on compte faire les deux : Arusha sera donc notre base d’organisation.

 

Nairobi-Arusha : 5 heures de trajet. 5 heures de trajet atypique dans un minibus qui rebondit sur la route cabossée ; 5 heures que je passe agglutinée à la vitre dégueulasse du bus : c’est donc ça l’Afrique !

 

Comme on sort de Nairobi, des bidonvilles où des habitations de bric et de broc côtoient des décharges à ciel ouvert, et puis comme on s’éloigne, des plaines désertiques entrecoupées de villages poussiéreux, des maisons en boue séchée… On sent tout de suite que cette région est vraiment pauvre. Mais contrairement à l’Inde qui n’avait pas comblé mes fantasmes bollywoodiens les plus fous, ici, la pauvreté est gaie. Ici, la pauvreté est colorée : les boubous des femmes, les étals du marché, les uniformes des Masai, les paniers de fruits, les épices… Tout se mêle dans un joyeux bordel multicolore.

 

Même si c’est loin d’être toujours très confortable, en Afrique les trajets font partie intégrante de l’aventure (si ! c’est le Lonely Planet qui l’a dit !). Comme on le remarquera plus tard, ici, tout se passe au bord de la route. Dans les villages, c’est comme si la route - généralement l’unique vraie route goudronnée (ou pas) à des kilomètres à la ronde - était la colonne vertébrale de la vie en communauté. Les gens marchent au bord de la route, ils se croisent au bord de la route, ils échangent au bord de la route. Les Masai viennent vendre leur bétail au bord de la route, les anciens sirotent leur bière au bistrot local au bord de la route, les enfants jouent au bord de la route… Depuis le bus, on a l’impression que les gens VIVENT au bord de la route. C’est comme si l’histoire de l’Afrique se déroulait sous nos yeux au fil du voyage. J’adore.

 

Une heure et quelque après avoir passé la frontière, nous voici à Arusha. A peine descendus du bus, nous sommes assaillis de toute part par les rabatteurs. On nous avait prévenus, je l’avais déjà vécu au Népal, mais là c’est juste un CAUCHEMAR. On a beau expliquer qu’on a envie de marcher, qu’on préfère être seuls, qu’on veut se débrouiller comme des grands, mentir en affirmant qu’on a déjà réservé un hôtel, rien n’y fait. ‘Hakuna matata, hakuna matata Tanzania, cool man, hakuna matata, here it’s Africa, pole pole, no problem!’. Mais bordel de merde, on a jamais dit qu’il y avait un problème, on veut juste être TRANQUILLES !

 

Arusha, déjà, est loin d’être une ville passionnante : rien de particulier à voir, et rien à y faire à part organiser des excursions. Mais le pire, c’est vraiment tous ces ‘papasi’ (rabatteurs professionnels) qui nous harcèlent à longueur de journée pour nous proposer des tours, nous conseiller des hôtels, nous vendre des souvenirs. On a tout essayé : faire semblant qu’on parle russe et qu’on ne comprend pas l’anglais, tenter de les ignorer royalement, s’énerver, crier, c’est peine perdue. Visiblement on a été fichés comme des proies potentielles à notre descente du bus, et ça ne changera plus de tout notre séjour à Arusha. Le seul moment où ils ont légèrement reculé, c’est quand, excédée par la pression, j’ai failli me mettre à pleurer au beau milieu de la rue. Mais là encore… ‘Hakuna matata, hakuna matata Tanzania miss, no problema, enjoy, hakuna matata !’.

 

Hakuna matata (‘pas de problème’ en Swahili)… Je peux plus le sentir, ce mot. Et je peux vous assurer que si jamais je croise un jour le créateur du Roi Lion, je la lui fais bouffer, sa satanée chanson !

 

Hakuna matata toi-même !

 

 

P1040967

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Ingrid 11/08/2010 09:40


Jumbo!!! tu as du l'entendre cette phrase aussi. Je suis surprise de cet article si negatif sur la Tanzanie et ses habitants. Je les ai trouve tres chaleureux, mais peut etre n'es tu pas allée dans
la campagne, dans les villages. Là on te laisse tranquille, pas de harassement comme a Arusha qui reste quand meme THE ville touristique de la Tanzanie, plaque tournante des depars vers les parcs
et le Kili.
J'etais en Tanzanie en Juillet, nous sommes tombés en panne de voiture au milieu de nul part, dans un village tres pauvre mais souriant. Un gars est venu nous aider et apres plus d'une heure passée
à se decarcasser il a fait repartir la voiture et je dois dire que lorsqu'il a dit: HAKUNA MATATA, nous l'avons applaudit..... Il n'a rien demandé en retour, il etait juste content d'avoir aidé.
Voila le vrai visage de la Tanzanie.


Mélanie 11/08/2010 17:58



Attention attention! Cet article ne parle pas de la Tanzanie! Cet article parle d'ARUSHA! Et oui, ça c'est sûr, je n'ai pas grand chose à dire de positif sur Arusha... La suite des articles
(Kilimanjaro, safari et Zanzibar) arrive bientôt (enfin quand j'arrêterai d'être une grosse flemmarde), et là promis je n'aurai pas autant de négatif à raconter! (voire pas du tout) ...Parce que
dans l'ensemble, je suis entièrement d'accord: les Tanzaniens sont un peuple chaleureux et ouvert, j'ai rerement vu des gens aussi souriants et patients! Merci du message d'alerte (qui me dit
qu'il est temps que je me remette à écrire!), et merci de me lire!!!