Marine Farms

Publié le par Mélanie

Avec beaucoup de retard, une petite fiche sur mon entreprise partenaire chilienne...

 

 

Le Contexte

L’abalone (que l’on nomme plus couramment ‘ormeau’ en français, ‘abalone’ étant la dénomination anglo-saxonne) est un mollusque marin à coquille recherché pour sa chair, mais aussi pour sa perle et sa nacre. Il est principalement consommé dans les pays asiatiques (notamment en Chine, au Japon et en Corée), mais du fait de la popularisation de la cuisine chinoise, la demande mondiale est en forte hausse. Malheureusement, cette demande croissante a entrainé une surexploitation des stocks, et de ce fait une disparition des abalones sur la majorité des littoraux du monde entier : de nos jours l’abalone est devenu un produit rare… et cher.

L’abalone, qui est donc un produit cher et très demandé, a toutes les caractéristiques pour devenir un produit organique phare. Cependant, le processus de production actuel est loin d’être durable : dans la majorité des fermes, la culture se fait de manière intensive, et les abalones sont généralement nourries aux barres de protéines animales. En plus de modifier le goût du produit, ce processus ne correspond pas à la demande de consommateurs de plus en plus conscients des problématiques environnementales et de ce fait de plus en plus exigeants vis-à-vis des produits qu’ils achètent.

 

Marine Farms

Marine Farms est une ferme d’aquaculture créée en 2001 par Aldo Madrid. C’ est le premier producteur d’abalones organiques au monde ! L’entreprise se divise en deux sections : une section production, qui s’occupe de cultiver et d’exporter les abalones, et une section investigation, partie indépendante qui développe des projets novateurs et recherche de nouvelles opportunités afin de faire croitre l’entreprise.

 

Les particularités du modèle

 

Une entreprise 100% développement durable

Energies renouvelables, commerce équitable, intégration sociale, recyclage… Le développement durable est intégré dans la totalité des activités de Marine Farms, qu’il s’agisse des activités de base comme des activités de soutien. Au-delà des activités de Marine Farms, ce sont aussi les activités qui en découlent qui sont étudiées. Par exemple, pour que la culture d’abalone soit certifiée organique, il faut que la nourriture des abalones le soit. Mais pour Marine Farms, ce n’est pas suffisant, et c’est non seulement la nourriture des abalones (algues) qui est organique, mais aussi la nourriture de la nourriture (micro algues) ! Aldo Madrid estime en effet qu’une entreprise qui se proclame ‘développement durable’ a le devoir de l’être dans l’intégralité de ses processus, même les plus minimes. Dans ce but, les activités de Marine Farms, sont étudiées au peigne fin, jusque dans leur origine et leurs conséquences, afin de les rendre aussi responsables que possible.

 

Une avance sur les autres

Peu à peu d’autres concurrents cherchent à entrer sur le marché de l’abalone organique et se clament acteurs du développement durable (notamment une entreprise française, Organic Abalone). Marine Farms est pour l’instant le premier et unique producteur certifié d’abalones organiques au monde, mais lorsque d’autres entreprises obtiendront leur certification, elles deviendront des concurrentes directes de l’entreprise d’Aldo Madrid. Cependant, Marine Farms a déjà préparé sa stratégie face aux nouveaux entrants : la méthodologie de l’empreinte écologique, et le principe de traçabilité (transparence totale du processus mise à la disposition du client) seront alors mis en avant, soulignant une fois de plus l’esprit d’initiative de l’entreprise. La réactivité de Marine Farms lui permet d’être la première à agir et d’avoir ainsi toujours un coup d’avance sur ses concurrents. En pénétrant la première le marché de l’abalone organique, l’entreprise Marine Farms a acquis ce qu’on appelle le ‘First mover advantage’, et compte bien le conserver.

 

La méthodologie de l’empreinte écologique

Apparue au moment de la conférence de Rio (Sommet de la Terre en 1992), l’empreinte écologique est une méthodologie qui mesure la demande exercée par les hommes envers la planète. Plus précisément, elle comptabilise les surfaces biologiquement productives (terre et eau) nécessaires à la production des ressources qu´un individu, une population ou une activité consomme et à l’absorption des déchets générés en fonction des technologies et de la gestion des ressources adoptées. La technique de l’empreinte écologique part du principe que la capacité de régénération de la Terre est la limite au développement de l’économie humaine, et que nous faisons face à un grave problème si celle-ci surexploite les ressources naturelles plus vite qu’elles ne sont capables de se renouveler. (…Got it ?)

Dans un objectif pédagogique, les résultats de cette méthodologie sont souvent retranscrits en nombre de planète, afin d’exposer au public de façon concrète les dangers de nos modes de vie actuels. Par exemple, si l’humanité entière vivait et consommait comme un Français moyen, il faudrait 2,5 planètes pour subvenir aux besoins de tous. Si nous vivions tous comme un Américain, il faudrait 5 planètes. Comme un Brésilien, 1,3 planètes. Comme un Chinois, 1 planète. Comme un Indien, 0,4 planète…

Cette méthodologie, qui existe donc depuis de nombreuses années dans le domaine du développement durable, Aldo Madrid se l’est appropriée et l’a modifiée afin de l’adapter à son entreprise. Rebaptisée ‘huella ecologica empresarial’ dans le cadre de ce projet, cette technique permet à Aldo Madrid de mesurer l’impact de ses activités sur l’environnement, de trouver les points faibles de son entreprise, d’améliorer les processus, de contrebalancer les points faibles par les points forts, et de se donner des deadlines et des challenges. Adoptée depuis 3 ans par Marine Farms, la ‘huella ecologica empresarial’ est revue et corrigée tous les ans.

 

 

P1080959

Punta Caraumilla, le cadre idyllique de Marine Farms près de Valparaiso

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article